Améliorer notre système de santé ? Mettons les usagers et les jeunes professionnels au centre du jeu !

Lancinantes questions que celles de la pertinence de l’organisation et de l’adéquation du fonctionnement du système de santé à l’évolution de notre société. Notre système de santé a longtemps été considéré comme le meilleur au monde, à la grande satisfaction des professionnels et de l’administration… car les uns évitaient ainsi un combat fratricide et les autres, une remise en cause inconfortable. Mais force est de constater que notre système s’est avéré bien inadapté aux coups de boutoir de la Covid-19. Ségur ou pas, nous ne pouvons plus faire l’économie de quelques réflexions de fond.

La pertinence du système de santé n’a jamais été considérée comme un vrai sujet de santé publique nécessitant une pleine appropriation par les acteurs ; il n’a été abordé que sous un prisme statistique ou sous un angle comptable. Pire, sa récupération par la technostructure a donné lieu à des textes réglementaires pesants et inapplicables, loin des idées novatrices et des initiatives législatives audacieuses. Comme pour les crises précédentes, la méthode classique et éprouvée (du moins dans son inefficacité à trouver des solutions) va être certainement la nomination d’un « Monsieur Sachant ». Là, devant un parterre ému, l’éminent « toujours le même » va doctement exposer les résultats de son Xème rapport pour faire 70 propositions (dont 50 sont paraphrasées de rapports précédents), débattues lors d’Assises ou autres grands-messes. S’engageront alors des batailles de chapelle, les cloches de la vindicte carillonneront et l’on trouvera bien des prétextes (voire même un Ministère des Circonvolutions – cf. Dickens) pour maintenir le statu quo. Depuis 1958, l’hôpital reste prisonnier de ses statuts. Les réformes se sont faites en dehors des usagers et des professionnels, et sans créer un environnement attractif pour ces derniers.

Avec un peu de courage, on pourrait poser d’autres jalons. Certains diront qu’ils ne seront pas efficients (afin de tuer dans l’œuf toute possibilité d’innover) mais la situation est telle que nous ne risquons plus grand-chose. Sortons des sentiers battus et ouvrons-nous à l’avis… des premiers concernés :  usagers, malades, personnes en situation de handicap, familles et accompagnants. Donnons-leur la parole, écoutons ce qu’ils ont à nous dire, leurs propositions de changement, leur souhait pour un système d’avenir. Après tout, la crise a montré combien la démocratie sanitaire était diversement pratiquée en temps d’épidémie. Ce ne serait donc que justice de prendre la mesure de leurs expériences et des résultats qu’ils rapportent aux actes et prescriptions proposés. Les malades et usagers sont tout à fait qualifiés pour évaluer la pertinence des soins qui leur ont été prodigués, à l’aune notamment de l’amélioration de leur qualité de vie. Améliorer les performances organisationnelles du système de santé est certes important, mais donner à chaque usager les moyens de l’utiliser de façon efficiente est tout aussi impératif. Il serait temps d’inscrire l’accompagnement à l’autonomie en santé comme un objectif collectif prioritaire.

Autre temps de l’action : prenons de la hauteur, larguons les amarres d’un système fossilisé autour de son historique. Il faut dépasser les combats épiques de l’hôpital contre la ville (et vice versa), les cloisonnements public-privé, sanitaire- médicosocial qui font primer le statut sur la mission, l’impensé de la contribution du secteur médico-social aux parcours de santé qui font primer le statut sur la mission, la commisération à peine boudeuse d’un corps médical vis-à-vis des « paramédicaux » (nous sommes tous des professionnels de santé !) et les verticalités plus promptes à défendre un esprit de caste qu’à envisager la santé de demain. Faisons le pari optimiste des jeunes professionnels. Ils ont montré une singulière maturité durant cette crise en faisant acte de volontariat, organisant les gardes quand l’hôpital lui-même n’en pouvait plus. Ils sont à même de penser collectif, interprofessionnel, coordonné. C’est ce qui manque dans le paysage. Le diable est dans les murs et le système de demain devra certainement en ébranler beaucoup et faire un sacré aggiornamento pour retrouver sa force, sa capacité d’adaptation et conduire notre pays sur les voies de l’avenir. Faisons le pari de la confiance et comptons sur les malades et sur les jeunes professionnels pour apporter enfin un regard nouveau !

Les Electrons

Les associations de patients

  • Chantal DUFRESNE, présidente de l’AFA Crohn Rch France
  • Association Française de Lutte Antirhumatismale)
  • Sonia TROPE, directrice de l’ANDAR (Association Nationale de Défense contre L’Arthrite Rhumatoïde)
  • Prosper TEBOUL, directeur général de l’APF (Association des Paralysés de France)
  • Claire MACABIAU, présidente FGCP (France Greffe Cœur et/ou Poumons)
  • Jean-François THEBAUT, vice-président de la FFD (Fédération Française des Diabétiques)
  • Gérard RAYMOND, président de France Assos Santé
  • Roberte AUBERT, présidente de France Psoriasis
  • Brigitte THEVENIN-LEMOINE, vice-présidente de France Rein
  • Claude RAMBAUD, présidente du LIEN
  • Présidente de TRANSHEPATE (Fédération nationale des malades et transplantés hépatiques)

Les jeunes professionnels de santé : L’Europe de la Santé (think tank regroupant les jeunes et futurs professionnels de santé) :

  • Robin Tocqueville-Perrier, étudiant en 2ème cycle de pharmacie et Science Po Paris
  • Bleuenn Laot, Présidente de la FNESI (Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers)
  • Antoine Leroyer, Président de l’ANEPF (Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France)
  • Fanny Toussaint, Présidente de l’ANESF (Association Nationale des étudiant.e.s en Sages-Femmes)
  • Adam Diouri, président de la FNEK (Fédération Nationale des Étudiants en Kinésithérapie)
  • Anthony Mascle, étudiant en 3ème cycle de pharmacie
  • Martin Oudart, étudiant en 2ème cycle de médecine, vice-président étudiant de l’UGA
  • Lina Arnaud, étudiante en master 2 d’orthophonie, stagiaire à l’ERER-Hauts-de-France
  • Nassim Mekeddem, étudiant en 3ème cycle de pharmacie, mastère 2 à l’ENA
  • Mounia Achraf, étudiante en 3ème cycle de pharmacie, master 2 à l’EHESP

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